Claude Viallat, La Capitainerie, La Grande Motte

Claude Viallat, Capitainerie, Espace Michèle Goalard, La Grande Motte 34280

Voilà l’une des expositions de l’été. Le public s’étonnera d’y voir associées des toiles libres plutôt récentes de Claude Viallat (tissus imprimés, et la fameuse forme à laquelle on l’identifie), avec des peintures sur bois beaucoup plus anciennes et remontant à la jeunesse du peintre, avant l’apparition de la forme en question (en 66). Ce rapprochement d’œuvres distantes de plus de 60 années,  s’inscrivent dans une relecture de son propre cheminement, dans ce qu’il appelle Retours en boucles, titre de l’expo.  Les 14 panneaux assez imposants qui sont proposés pour cette exposition, ont été peints en 1963 à l’attention de la mairie d’Aubais, village où il a passé son enfance, au retour de la guerre d’Algérie, et alors que Claude Viallat était encore étudiant. 1963, c’est la date où germe l’idée d’une nouvelle station balnéaire, littorale et moderne, qui deviendra La Grande Motte. Pendant que celle-ci imposait en fleuron d’une architecture résolument moderne, le jeune Viallat se situait encore dans la tradition (Picasso, Soutine) d’une certaine peinture : bœuf écorché, scènes de guerre. C’était pour lui la croisée des chemins. Il va vite découvrir Paris et les avant-gardes (pop art, peinture abstraite américaine, les amis-artistes de sa génération…). Cette œuvre de 63 est ainsi cruciale car elle clot une étape : elle va vite se voir supplantée par des recherches prospectives qui vont aboutir à la déconstruction du tableau et à l’éclosion de Supports-Surfaces. En effet les panneaux des années 60 sont figuratifs. Ils sont plus ou moins contemporains d’autres tableaux montrés au Moco au printemps dernier (2026) dans le cadre d’une expo consacrée aux Beaux-Arts de Montpellier, où Viallat a précisément étudié et passé son diplôme. Ces figures rappellent celles de l’été de 2025, de Combas, de sorte que l’on reste ainsi dans une certaine logique de programmation estivale (grands artistes et présence de la figuration) d’autant que les deux ont en commun un même amour de la bande dessinée et des illustrés des années 50-60. Pour Viallat, le thème choisi est la tauromachie. On sait combien il est un grand amateur de courses camarguaises depuis son enfance. Et donc se veut le défenseur d’une certaine tradition. Or La Grande Motte s’honore de se trouver aux portes de la Camargue, petite ou grande. Voilà un trait d’union qui justifie la présence du peintre en ces lieux. Rappelons qu’un musée nîmois porte son nom et celui de sa femme Henriette Le Musée des cultures taurines C. et H.  Viallat. Enfin, Viallat présente des objets faits d’étranges et simples combinaisons. Il ramasse/collecte des bois flottés qu’il associe à d’autres objets dans le cadre d’une réflexion sur le support et sur la surface. Cueillette qui se fait sur les rives du Rhône, en Camargue justement. LGM a son « petit » Rhône à elle, c’est le Vidourle, lequel charrie le même type de bois délaissés. Autre point commun.  Enfin, Viallat à La Grande Motte c’est un peu du Gard dans l’Hérault, des traditions populaires de la Camargue,  et de ses rites ancestraux,  dans la modernité de la station sortie des sables, c’est le rappel du passé parmi les populations nouvelles qui s’y sont installées. L’accrochage est conçu de telle sorte que les panneaux de bois longeant les murs, on peut penser à une arène et sa barrière protectrice. Les assemblages à base de bois y ajoutent du volume, mural ou en suspension. Enfin, les toiles libres ponctuent l’espace, le divisent parfois, s’y suspendent ou le recouvrent. BTN Jusqu’au 30-08

Posts created 208

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut
error: Content is protected !!