Melika Sadeghzadeh, CACN, Nîmes
Melika Sedehzadeh est une jeune iranienne hantée par le thème de la maison, ses violences intérieures, son inaccessibilité. Dans une sculpture composée de tiroirs en bois : Le manque de toi est un rocher que je porte, apparaissent des clés fondues mêlées à la terre sur laquelle s’impriment les doigts de l’artiste. Ailleurs d’autres clés en croix s’érigent en sculpture à claire-voie, émanant d’une masse sombre en bois et goudron (Le vide sacré). La clé, comme les poignées qui s’articulent en zigzags sur le mur, ou la porte bombée qui barre l’accès , sont comme les synecdoques de la maison qu’elles sont censées ouvrir (La statistique du trauma) ou fermer. Ainsi l’espace domestique est-il essentiel. On s’en rendra compte dans ses séries d’intimistes dessins au fusain sur papier où se déclinent les divers objets qui meublent en général les maisons, en l’occurrence détruites par la guerre. Et dans ses vidéos, remarquablement installées dans la pénombre : L’heure entre chien et loup (The hour of wolf and sheep), avec voix et variations musicales. Cet instant si fugace où tout bascule vers du différent tout en ramenant le même. Tout tourne ainsi autour de la maison, l’intérieur comme l’extérieur. Dès l’entrée un mur de plaques en paraffine se complique de poèmes. Les propositions laissent au visiteur une certaine liberté d’interprétation, telles ces bandes de caoutchouc qui semblent l’excroissance de deux os du bassin. Symboles du corps et de son environnement. Œuvre hybride qui fonctionne par dualités de matériaux opposés mais riches de signification (Le point de départ disparu). A noter une édition, dont des dessins au mur donnent un aperçu. BTN












