Rétrospective de Philip Guston : 4 musées victimes du politiquement correct

par Rafael PIC, Rédacteur en chef du Quotidien de l’Art et membre de l’AICA France

Le marathon devait ouvrir le 4 février prochain à la Tate
Modern de Londres, puis se poursuivre à la National
Gallery de Washington, au Museum of Fine Arts de Boston
et s’achever à Houston le 30 mai 2022. Las ! La grande
rétrospective consacrée à Philip Guston (1913-1980), un
artiste connu pour son passage fracassant (et tardif) de
l’abstraction à la figuration, a été décalée de trois ans. Les
directeurs, dans une communication un peu ampoulée qui
fait état d’un « great deal of reflection » (« une importante
réflexion »), ont annoncé cette décision. Ce délai leur est
nécessaire pour réfléchir à de « nouvelles perspectives »
pour présenter l’œuvre de Guston à leur public. En
cause, non pas les caricatures cinglantes de Nixon, avec
son visage en forme de phallus et testicules poilus, mais
des représentations de membres du Ku Klux Klan avec
leur fameuse capuche. On sait que Guston était du bon côté
de la barrière – plutôt antiraciste et progressiste en matière
sociale et politique –, mais – mon Dieu ! –, comme on
aurait préféré qu’il ne peigne jamais cela ! Car il va
maintenant falloir prendre des gants pour démontrer que
son pedigree est impeccable, qu’il est suffisamment lisse et
consensuel (fade ?) pour être éligible. Sur ce chemin des
bons sentiments, bientôt seuls Rosa Bonheur et Paulus
Potter seront des choix sans risques.

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