L’œuvre protéiforme et prolifique de l’artiste chinois Ai Weiwei, tout à la fois sculpteur, architecte, performeur, photographe, réalisateur et bloggeur, doit à ce dernier d’être souvent considéré comme un activiste politique et un dissident au sein de son pays. Notre propos retiendra des actes artistiques dont les formes et la matérialité font référence à l’héritage culturel de la Chine impériale ainsi qu’aux traces mémorielles laissées par des évènements historiques plus récents. Le travail d’Ai Weiwei révèle les zones d’ombre des fractures socio-culturelles provoquées par le Grand Bond en avant, une révolution culturelle sans précédent instaurée par Mao Zedong. L’artiste superpose différents langages plastiques et différentes temporalités pour commémorer l’histoire de son pays à l’aune de ses expériences personnelles. D’autre part, il conjugue les preuves tangibles de la Révolution culturelle à l’aune des réalités économiques, sociales et politiques du monde contemporain. Ai Weiwei confronté au pouvoir répressif de la Chine, fait ressurgir de manière sensible les fragments du passé de la céramique chinoise ou de l’architecture traditionnelle. Ai Weiwei, considéré parfois comme un artiste iconoclaste, rejoue esthétiquement l’histoire de la destruction du patrimoine de la Chine impériale durant la Révolution culturelle. Il utilise les traces mémorielles du passé comme véhicule de ses revendications en faveur des droits humains et de la liberté d’expression.
La manière dont Ai Weiwei commémore le passé au prisme des réalités politiques s’inscrit dans une trajectoire universaliste qui prône la volonté de transformer l’histoire de l’art en un espace de liberté et de résistance à toute forme de répression politique.












