Flores & Prat : le dessin sur calque et la maquette pour toujours

©CLG
Duo barcelonais bien connu, Flores & Prats cultivent le goût des fondamentaux de l’architecture, à savoir le dessin, le plan et la maquette. Dans la Grande Galerie d’arc en rêve, la profondeur de champ est joyeusement obstruée par des centaines de plans. Installés sur les murs ou sur de grandes tables, les plans, les coupes, les façades, les détails et les axonométries les recouvrent, telles d’immenses nappes sur lesquelles des maquettes de différentes échelles trouvent leur place. Lorsque celles-ci sont au 1 :25e, elles deviennent autonomes grâce à des socles spécialement dédiés à chaque modèle réduit.
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« Backsrooms » ou l’architecture de la cinquième dimension

©Metropolitan
« Backrooms », les « non-lieux »*, à ne pas confondre avec certains lieux interlopes aux yeux des conservateur.e.s de toutes obédiences. Souvenons-nous, en hiver, les novices serfs devaient réchauffer les lits des moines supérieurs dans les monastères. Que s’y passait-il à votre avis ? Dans les « Backrooms » contemporaines, personne n’est obligé de s’y rendre, une différence de taille, le consentement des pratiques sexuelles dans le noir total y règne…
« Backrooms » s’oppose à « Frontrooms », comme « On Stage » à « Backstage ». Phénomène viral sur Internet apparu en 2019, quand une personne anonyme a posté une image (prise en 2003 dans un magasin de loisirs du Wisconsin) où le jaune pisse est partout, de la moquette humide aux murs recouverts d’un papier peint douteux, aux plafonds rythmés par la disposition suspecte de plafonniers qui dessinent les perspectives, et accentuent la profondeur des immenses couloirs labyrinthiques… à perte de vue. À partir de cet instant, les internautes y ont ajouté des légendes urbaines basées sur les « Creespypasta », récits horrifiques mis en ligne et qui rejouent les histoires soi-disant vraies, racontées entre ami.e.s autour d’un feu, au beau milieu de la forêt.
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L’agence Jean-Christophe Quinton redessine la galerie blanche en lieu d’exposition singulier

©I.Mathie
Dans un élan de faire architecture, l’agence Jean-Christophe Quinton et l’équipe d’arc en rêve ont complètement réaménagé la galerie blanche. Les habitué.e.s ont, auront, le sentiment de pratiquer un nouvel espace d’exposition. Cette démarche de redessiner les espaces avec une modification des circulations et des volumes d’accrochage, devrait être une règle pour toute exposition architecturale. Aller plus loin que l’agencement de socles où les maquettes se prennent pour des sculptures, est une piste des plus pertinentes. Déjà, n’importe qui peut goûter le plaisir de naviguer dans de l’architecture, pas simplement dans ses représentations, et pas besoin d’être un.e spécialiste de la mère des arts pour en jouir pleinement.
Avec Jean-Christophe Quinton, l’expérience spatiale est au rendez-vous. Le titre de l’exposition le confirme. « Pièce et forme » indique l’importance accordée à la formalisation des espaces dans lesquels la déambulation « accompagnée » doit permettre à chaque visiteur de « rentrer » dans le projet comme on circule dans une pièce. Inspiré par l’idée cinématographique de plan-séquence, Quinton scande le parcours de la visite en plusieurs séquences spatiales. Si la mise en place de nouvelles cimaises redessine les deux grandes salles d’exposition rectangulaires par leur dessin ; celles-ci, tout en angles et rondeurs, fragmentent le white cube (cube blanc) en de multiples points de vue et ménagent des ruptures d’échelles, de nouveaux espaces ouverts/fermés.
Les nombreuses surprises visuelles et physiques sont toujours au service de la compréhension des projets et de la poésie des formes.
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