(Retour sur) Une histoire singulière, Moco + Musée Fabre
L’analyse de l’événement ayant été faite dans notre dernier numéro, et sur le site du magazine, auquel nous renvoyons, nous nous limiterons à quelques aperçus de cette exposition qui en aura ravi plus d’un et qui aura, bien évidemment déçu, quelques autres, notamment ceux qui s’estiment injustement oubliés parmi les enseignants et étudiants de l’école d’art. Au, Moco, ce que nous pourrions, par référence à Roland Barthes, appeler l’antichambre, est consacrée à l’historique des grands directeurs et figures majeures qui jalonnent l’école, durant un siècle et demi d’existence, de F.X. Fabre à Georges Dezeuze. Elle s’arrête avec Descossy et Bessil. Après une magnifique transition assurée par les cagettes de Rodolph Huguet et les panneaux d’Agnès Fornells, nous entrons de plein pied dans une contemporanéité, héritière de la tradition, grâce aux tableaux de guerre et Bœuf écorché de Viallat, aux intérieurs intimistes d’Henriette Pous, à un œuvre mexicaine de D. Dezeuze et à un paysage marin de Bioulès. Immédiatement suivis d’un florilège support-surfacien, d’œuvres clés du mouvement. Le rez-de-chaussée démarre sur le groupe ABC (Alkema Azemard, Bioulès, Clément) avant de retrouver d’une part l’évolution de Supports-Surfaces, notamment Saytour mais aussi des francs-tireurs tels que Frize, Gauthier et Rouan. Et puis Combas, chef de file d’un mouvement qui rompait avec ses prédécesseurs, la figuration libre. Le sous-sol enfin brasse les générations des années 80 à nos jours. On peut y retrouver des figures qui ont marqué leur époque telles que Joa Mogarra, des initiatives personnelles représentées par Marc Aurelle ou Caroline Muheim, et les nouveaux venus dans le champ de l’art comme Samuel Spone ou Pablo Garcia, auteur aussi d’une sculpture extérieure. Ou JB Durand, reconnu à présent comme cinéaste. 3 expériences retiennent l’attention : la fresque murale de Lapierre et Richier, le triptyque signé Benchamma et Miquelis et, plus discrètement, les petits tableaux chimiques de Marie Havel et Clément Philippe.
Au Musée Fabre, nous sommes accueillis par une sphère géante de Bruno Peinado et des signes de mains de Geoffrey Badel. Au fil de certaines salles, réservées aux collections, on croisera des dessins de Soulages, de D. Dezeuze et de Toni Grand ou des toiles de Bioulès, le projet de Halles Laissac conçu par Mona Young-eun Kim, ou une vidéo ensorcelante de Chloé Viton. On relèvera les confrontations spectaculaires : les Baigneurs de Vaguelsy, face à Courbet, les céramiques de Joëlle Gay dans la salle Richier, une installation d’Aguirre face à l’exotisme paysagier d’une salle, une sculpture d’Alba Segols face à un Ribeira, une bataille de Combas et le cheval géant de Duranté dans la galerie des colonnes. 105 noms en tout, dont certains se paient la part du lion (Viallat, Dezeuze, Pablo Garcia et Huguet). De quoi apprendre, comprendre et apprécier. BTN
L’esprit de l’atelier, La Panacée
Même remarque que pour le Moco. Texte complet dans le numéro de février. La Panacée : On y découvre 16 artistes choisis par Tjamel Tatah, leur chef d’atelier aux B.A de Paris et qui ont su se démarquer de l’influence du maître ainsi que le prouve une toile de ce dernierdès l’entrée. La plupart pratiquent la peinture, plutôt figurative, avec une prédilection pour les formats généreux : Djabril Boukhenaïssi dans une atmosphère à la Redon, Bilal Hamdad dans ses relectures d’Ophélie, Dora Jeridi qui revisite brillamment Guernica ou Clémence Gbonon qui nous invite à d’oniriques Jardins secrets picturaux. Rayan Yasmineh tente de concilier Occident et Orient dans des toiles mêlant tradition et virtuosité stylistique tandis que Raphaelle Benzimra mêle la modernité de la boxe à des références classiques à l’instar du Paradis perdu de Milton. Le congolais David Mbuyi nous fait voyager dans un pays ou nature et urbanisme entrent en tension. Fabien Conti nous plonge au niveau de l’herbe ou nous noie dans un crépuscule incendiaire. Inversement, Pierre Pauze interroge l’ambiguïté technologique des Smartphones, Tristan Chevillard transforme les animaux fabuleux de nos macarons urbains en enseignes aux néons, Mathilde Denize érige des tours de céramique où le vêtement se fait armure. Si la peinture domine, elle n’est pas le seul medium sollicité : Nina Jayasuriya pose au sol des seaux de terre cuite (à pièces de vœux) alors que Kenia Almaraz Murillo pratique un tissage qui nous vient d’ailleurs (Bolivie). On appréciera la tentative de Blaise Schwartz pour renouveler l’art de la miniature. Ou de Léo Dorfner pour mettre de l’ordre dans le déferlement d’images qui forme notre quotidien. Enfin, a contrario, l’art pictural de Zélie Nguyen nous immerge dans l’univers faussement naïf d’un certain art du Moyen-âge. Il y en un peu pour tous les goûts, et c’est ce qui fait l’intérêt d’une exposition collective. BTN














