L’art idéal propose aujourd’hui que l’on s’enrichisse avec des idées et des réflexions artistiques que l’on peut mutualiser en impliquant tout le monde. Le libéralisme cognitif concerne ainsi des savoirs dont les droits de propriété sont à répartir en toute liberté pour nous orienter vers une économie en apesanteur qui se consacre à un art refusant toute spéculation financière matérialiste. La créativité ne peut plus reposer uniquement sur les biens matériels qui sont accumulés outre mesure, mais plutôt sur la production de connaissances en tant que capital intangible qui augmente sa valeur en se socialisant. Devant cet état de fait : moins nous nous adonnons à la propriété privée de l’art, plus nous sommes capables de partager. Car ce qui est important, c’est ce qui se passe entre les êtres, c’est-à-dire nos interactions avec ses dispositifs de passage et de rencontres qui constituent tout un art de vivre… l’art.
Ghislain Mollet-Viéville dans un entretien avec Éric Troncy in FROG n°24, été 2026












