Heureux, les créateurs ?

L’art contemporain se porte bien. L’artiste, ainsi, n’a que des amis : critiques d’art, commissaires d’exposition, marchands, collectionneurs – tout ce beau monde qui le requiert, efficace et conciliant.

Chacun de ces acteurs, dans le « système » de l’art, a sa place. Certains orientent le goût quand d’autres le construisent, le consacrent, le monnayent ou le confisquent à leur profit. Faut-il le rappeler : la création artistique n’est en rien un « pour soi ». Le simple fait qu’elle s’offre au regard d’autrui ladéfinit d’office comme une pratique publique.

Quel constat la période récente impose-t-elle ? La bonne norme serait que l’artiste ait le pouvoir, et non d’abord ceux qui gravitent autour de lui, comme c’est devenu le cas. Ceux-là ont acquis à la fin trop de pouvoir, à commencer par la détention de l’espace critique (revues, médias), de l’espace d’exposition (lieux d’art contemporain, biennales), de l’espace institutionnel (aide à la création, résidences d’artistes, commande publique), de l’espace matériel enfin (galeries, collectionneurs).

L’artiste n’est plus le seul à avancer ses options, sa matière grise et son offre plastique. Le voici non plus décideur mais outil.

Heureux, les créateurs ? L’art contemporain irradie mais la mariée pourrait bien être trop belle, et quelque peu perverse.

En savoir plus sur Paul Ardenne

La Muette / Le Bord de l’eau – www.lamuette.be

Format : 17×23 cm – 272 pp. – 25 €

isbn : 978-2-35687-484-9 – En Librairies le 14/11/2016

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