Le nombre des atteintes à la liberté d’expression ne cesse d’augmenter en France, sous de multiples formes, des plus insidieuses aux plus radicales jusque-là inimaginables dans notre pays. Dans ce contexte douloureux, la section française de l’Association internationale des critiques d’art (AICA) tient à manifester sa très vive inquiétude face aux menaces de tous ordres qui pèsent sur cette liberté fondamentale.

AICA France défend la liberté d’expression — qui inclut la possibilité de déplaire et de choquer — et rappelle, en particulier, qu’aucun interdit d’origine religieuse ne doit être opposé au travail artistique tant qu’il se situe dans les limites de la loi républicaine. L’AICA France regrette que l’incompréhension et l’absence de dialogue autour d’œuvres incriminées puissent être à l’origine de fermetures et de déprogrammations d’expositions et de spectacles, ces mesures étant préjudiciables aux créateurs comme aux publics.

AICA France demande aux pouvoirs publics la plus grande vigilance et la plus grande rigueur afin que la liberté d’expression soit préservée en toute circonstance dans notre pays en tant que principe fondateur de notre démocratie laïque.

AICA France rappelle que la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) précise de manière tout à fait essentielle : « La liberté d’expression vaut non seulement pour les informations et idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives, indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l’Etat ou une fraction quelconque de la population. Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels il n’est pas de société démocratique. » (Arrêt du 21 janvier 1999).

L’AICA France est membre de l’Observatoire de la liberté de création crée au sein de la Ligue des Droits de l’Homme « pour protéger la liberté de l’artiste contre l’arbitraire de tous les pouvoirs, publics ou privés. Une œuvre est toujours susceptible d’interprétations diverses, et nul ne peut, au nom d’une seule, prétendre intervenir sur le contenu de l’œuvre, en demander la modification, ou l’interdire. »

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